06 Oct 2007
Je surf sans plaisir et je pense.
Et j'arrive à une conclusion pas trés réjouissante : vivre ne m'amuse pas. Je n'y prends strictement aucun plaisir.
Je suis terrifiée car même la présence de mes enfants chéris n'arrive pas à me donner envie. Envie d'avoir envie. Je me sens vide, morte dedans. Comme une coquille, et même mieux : un trou noir : je suis un trou noir, j'absorde les choses, et je m'effondre sur moi même.
Je pourrais, je devrais me sentir libre d'avoir des activités qui me plaisent, de sortir, de bouger, de voir du monde... j'ai pas envie. Pour quoi faire...? Alors je traînasse devant l'ordinateur. Je bosse. Je fais le ménage, les repas, les courses, les lessives. Et je lis un peu. Et je dors. ET puis je mange aussi. Beaucoup. Mais je maigris quand même...
J'ai une vie d'une banalité confondante. Je pourrais changer ça. Mais j'ai pas envie. Et surtout je suis trop fatiguée. Epuisée physiquement mais surtout nerveusement. Pas le courage d'entreprendre quoi que ce soit une fois rentrée du travail et les corvées ménagères terminées.
Quand je me lamente comme ça, je me donnerais des baffes. Quoique non : ça signifierait bouger, et ça je peux pas.
28 Sep 2007
En rangeant la chambre de ma fille, mes larmes se mettent à couler silencieusement : j'ai l'impression de leur imposer une vie sans père. Il n'ont plus la sécurité de retrouver le soir après l'école leurs 2 parents, ils vont vivre la solitude, le manque, car évidemment je ne peux combler l'absence de leur papa.
Par ma faute (même si raisonnablement je sais que ce n'est pas totalement cela), ils ne seront plus jamais heureux : je le sais, j'en ai moi-même souffert. Je revis cet enfer de vivre sans père, et j'aurais dû leur éviter cela : bien sûr je n'ai pas choisi cet état de fait, mais jamais je n'aurais dû en arriver à cette situation là, celle que jamais je n'avais envisagé. Pour moi, notre amour était éternel, Il était mon compagnon de route pour toujours, jusqu'à ma mort.
Et bien non.
On a beau faire le ménage dans sa tête, ranger tout bien, trier et jeter les vieux cadavres moisis, certaines odeurs restent, et les traumatismes de mon enfance ont quand même laissé des traces... mon père, celui sur lequel j'aurai dû pouvoir toujours compter m'a abandonné, après n'avoir finalement jamais été vraiment présent, et l'Homme que j'aime, même si ses raisons lui paraissent justes et sincères, au final fait pareil... non seulement je souffre pour moi mais je souffre pour mes enfants, car je revis le passé et je sais ce qu'ils endurent et endureront toute leur vie : je ne les ai pas mis au monde pour les faire souffrir !!!!!
28 Sep 2007
J'ai eu 160 jours pour m'y faire, accepter l'inacceptable, l'inconcevable, et je sais très bien que je dois vivre pour moi et mes mômes, puisqu'il ne veut plus de moi... J'ai beau ne plus être radicalement cette personne que je vois sur les photos jusqu'à il y a 5 mois passés, à tous les niveaux, physique et mental, ça ne suffit visiblement pas...
J'ai beau connaître le processus par lequel il me faut en passer pour aller mieux, des hauts, des bas, et encore des bas... c'est quand même insupportable ! Un détail suffit parfois à déclencher une montée de larmes aux yeux, et lorsque je suis seule je m'autorise à exploser, à laisser tout sortir, mais la plupart du temps, je dois me contrôler... jusqu'à quand ?
27 Sep 2007
alors moi c'est simple, j'ai inventé un nouveau régime : le régime "préhistorique" !
le principe est aisé à comprendre, mais à mettre en place, ça demande un peu plus de détermination et de volonté...
le principe c'est : je mange quand j'ai faim, j'arrête de manger quand j'ai plus faim.
Facile non ???
dans la pratique, c'est un peu plus compliqué, en fait...
Il faut compléter par un autre principe de base essentiel : faire le ménage dans sa tête : quand je dis ménage, c'est pas : les poussières et passer la serpillère... même pas le grand ménage de printemps... c'est le ménage qu'on fait dans une maison dans laquelle on va emménager... vous voulez pas de la vieille saleté et des vieux trucs qui restent d'avant non ? vous nettoyez les plinthes, derrière les radiateurs, les clanches de portes et autres interrupteurs avant de poser vos meubles à votre façon, non ? (euh... ya quand même pas que moi qui fait tout ça rassurez-moi...?). Quand on emménage dans une maison, on veut que tout soit nickel pour y être bien, s'y ressourcer, être heureux quoi ! ben dans la tête c'est pareil... pour être heureux, faut sortir les poubelles cachées dans les coins de sa tête, celles qui sentent pas bon mais qui sont parfois tellement lourdes ou dégoûtantes qu'on veut même pas y toucher. Sauf qu'une fois que la corvée est faite, et même si c'est désagréable voire même douloureux, ben c'est tout pimpant de nouveau, et ça donne envie de s'occuper d'enjoliver à sa propre façon ce qui reste avec soin... La tête initie, le corps suit... CQFD
en tout cas pour moi, ça a marché... et je suis passée d'un BMI de 30 à un BMI de 21 (je rappelle à mon aimable assistance - hem, oui toi là-bas...- que je mange du chocolat au lait sans restriction particulière, que je mange des pates/riz au moins une fois par jour (voir 2 ...) et que je ne me restreins pas sur les quantités dans mon assiette : mon estomac me fait signe de façon très claire quand approche la fourchettée de trop qui risque de le faire souffrir... et je lui fais confiance. De la même manière, il me fais savoir par le biais "d'envies" quand il a besoin de certains nutriments et vitamines : envies d'agrumes, de salades, de viande rouge : là encore je lui fais confiance et je reponds à ses demandes.
Faire le vide dans le grenier, et manger avec son estomac et non sa tête (et encore moins son coeur) : voilà qui me parait de bon sens et somme toute naturel... pas vous ?
27 Sep 2007
C'est fou ce que les gens sont capables d'imposer à autrui leurs propres limites... je suis souvent obligée d'inventer un pseudo régime que je suivrais (et d'avoir l'air convaincu par dessus le marché...)... tout ça parce que j'ai perdu 24 kilos...
J'ai perdu 24 kilos en un an dont 14 en 2 mois d'avril à juin, ce qui a changé ma physionomie de façon spectaculaire, radicale et définitive. La personne que j'étais il y a 160 jours a implosé, il n'en reste plus rien. Cette personne, ce n'était pas moi, pas la "vraie moi".
Une copine me répète souvent que je réfléchis trop, que j'analyse trop les choses... n'empêche... j'ai quand même tellement déblayé là-haut que je me suis débarrassée des pelures qui encombraient ma cervelle et du coup, celles qui enveloppaient mon corps sont parties avec... va-t-en expliquer que (certes, je me suis fait plaquer, autant appeler un chat un chat...) je ne fais aucun régime alors que je suis passée d'une taille 42/44 (en bas... parce qu'en haut c'était 46/48 au mieux...) à un chouette taille 36 en bas et 36/38 en haut...
quels esprits étriqués...
du coup, pour faire passer la "pilule" au grand public, et paraître "normale", je raconte à qui me demande que "je pratique une meilleure hygiène de vie" que "je fais attention à ce que je mange", que "je fais beaucoup de sport" (bon ok j'essaie d'aller marcher aussi souvent que je peux avec ma copine : chaque séance dure 3/4 d'heure - 1 heure, mais bon cet été, elle n'était pas là, alors je n'ai presque pas marché ! je n'ai repris qu'à la rentrée, et quand je peux, j'essaie d'y aller 2/3 fois par semaine), et blablabla et blablabla...
c'qui faut pas faire et dire pour avoir la paix...